Alimentation et conditionnement : quand j'ai appris à ne plus écouter mon corps
Dernière mise à jour : 26 août
Avant, je n'aurais probablement jamais imaginé que l'alimentation pouvait faire partie des premiers endroits où j'avais appris à ne pas m'écouter.
Et pourtant, c'est souvent dès l'enfance que nous découvrons qu'il existe "une bonne manière de faire." : une heure pour manger, une quantité à terminer, des aliments "qu'il faut aimer", des habitudes à respecter.
Des phrases que beaucoup d'entre nous connaissent :
« À table. »
« Termine ton assiette. »
« Tu dois goûter. »
« Bois de l'eau. »
Ces règles ne sont pas forcément mauvaises.
Elles peuvent aussi répondre à une organisation familiale, à une culture, à des préoccupations éducatives ou simplement à la nécessité de faire fonctionner un quotidien avec plusieurs personnes.
Mais parfois, à force de nous adapter à un rythme extérieur, nous pouvons aussi perdre un peu le contact avec nos propres sensations.
C'est là que la question de l'alimentation et du conditionnement prend tout son sens : à force de nous adapter à des règles extérieures, nous pouvons parfois perdre le contact avec nos propres sensations.

L'alimentation peut-elle devenir une forme de conditionnement ?
Quand je parle de conditionnement, je ne parle pas de parents qui chercheraient volontairement à empêcher leur enfant d'être lui-même.
Nous transmettons tous quelque chose : des habitudes, des croyances, notre propre rapport à la nourriture, notre culture, notre éducation.
Et, très souvent, nous faisons simplement ce qui nous semble "normal."
En France, par exemple, le repas est aussi un moment social : on mange ensemble, à certaines heures, on partage ce qui est sur la table.
Et soyons honnêtes : dans une famille, il est parfois beaucoup plus simple que tout le monde mange au même moment. 😄
Mais cette organisation collective peut parfois entrer en tension avec ce que ressent une personne.
Un enfant peut ne pas avoir faim au moment où tout le monde passe à table.
Ne plus avoir faim alors qu'il reste encore quelque chose dans son assiette.
Ou ne pas apprécier certains aliments.
Cela ne signifie pas automatiquement qu'il faudrait répondre à toutes ses demandes ou supprimer tout cadre autour de l'alimentation.
Mais cela peut nous inviter à nous poser une question :
Est-ce que j'apprends aussi à mon enfant à observer ce qu'il ressent ?
« Finis ton assiette » : quand apprendre à faire plaisir prend parfois le dessus
Pour beaucoup d'entre nous, manger peut rapidement devenir associé à autre chose que la faim ou la satiété :
Manger pour faire plaisir.
Terminer pour ne pas gaspiller.
Goûter parce qu'il faut goûter.
Manger parce que c'est l'heure.
Boire parce qu'on nous a dit qu'il fallait boire.
Petit à petit, on peut apprendre à regarder davantage vers l'extérieur pour savoir quoi faire, plutôt que regarder en soi.
Je ne dis évidemment pas que quelques « Termine ton assiette » vont déterminer toute la vie d'un enfant. 😄
Mais je trouve intéressant d'observer comment certaines habitudes répétées peuvent nous apprendre, avec le temps, à mettre nos propres sensations au second plan.
C'est cette réflexion qui m'a amenée à regarder mon propre rapport à l'alimentation.
Mon histoire : ma mère et moi, deux fonctionnements différents
Ma mère et moi sommes toutes les deux Projecteurs en Human Design.
Et pourtant, nos fonctionnements sont très différents.
C'est justement l'une des choses qui m'intéressent dans cette approche : appartenir au même type ne signifie absolument pas fonctionner de la même manière.
Dans mon expérience personnelle, j'ai longtemps eu l'impression d'avoir des besoins alimentaires différents de ceux de ma mère : elle a son propre rythme, ses propres habitudes, sa manière de manger.
Et moi, enfant, je me suis naturellement adaptée à l'organisation familiale : je passais à table à l'heure prévue, je mangeais parce que c'était le moment de manger, je terminais parfois parce qu'il fallait terminer. Je suivais le rythme.
Parce que c'était tout simplement celui dans lequel je grandissais.
Et parce qu'un enfant apprend aussi à s'adapter à son environnement.
Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai commencé à me demander :
Et moi, qu'est-ce que je ressens réellement ?
Alimentation et conditionnement : apprendre à écouter son corps
Pendant longtemps, je n'avais pas vraiment appris à distinguer facilement :
la faim, la satiété, l'envie, l'habitude, ou simplement le fait qu'il était « l'heure ».
Mon rapport à l'alimentation a été, pour moi, un véritable terrain d'observation.
J'ai connu des périodes de digestion difficile, de maux de ventre, de rapport compliqué à la nourriture et d'énergie en dents de scie.
Je ne peux évidemment pas attribuer toutes ces expériences à une seule cause.
Mais j'ai progressivement commencé à observer une chose :
plus je prêtais attention à mon propre rythme et à mes sensations, plus je pouvais expérimenter ce qui semblait réellement me convenir.
La découverte du Human Design a fait partie des outils qui ont nourri cette exploration.
Non pas en me donnant une règle à suivre, mais en m'invitant à observer davantage mon propre fonctionnement.
Aujourd'hui encore, cela reste une expérience en mouvement.
Le Human Design et l'alimentation : une piste d'observation parmi d'autres
Le Human Design propose notamment des informations autour de ce que l'on appelle "la détermination", ou la manière dont une personne assimile.
Pour certaines personnes, cela peut devenir une piste supplémentaire d'observation de leur rapport à l'alimentation et à leur environnement.
Mais je trouve important de ne pas transformer ces informations en nouvelles injonctions. L'objectif n'est pas de remplacer :
« Il faut manger comme tout le monde »
par :
« Je dois absolument manger comme mon schéma me le dit ».
Ce serait simplement changer de cadre, et peut-être recréer une nouvelle forme de conditionnement. 😉
Pour moi, ces informations deviennent intéressantes lorsqu'elles permettent de poser des questions et d'expérimenter :
Qu'est-ce que j'observe chez moi ?
Qu'est-ce qui me convient réellement ?
Est-ce que cette habitude est la mienne ou est-ce que je l'ai simplement apprise ?
Nous pouvons avoir des besoins très différents
Je me souviens notamment d'une conversation avec une cliente.
Nous explorions son fonctionnement et son rapport à son énergie.
Elle me racontait qu'elle avait toujours eu besoin de manger beaucoup et régulièrement.
Depuis l'enfance, son entourage semblait parfois surpris par la quantité qu'elle pouvait manger.
Pour elle, mettre des mots sur son propre ressenti était surtout un soulagement.
Pas parce qu'un schéma lui donnait l'autorisation de faire quoi que ce soit, mais parce qu'elle pouvait commencer à se demander :
Et si mon expérience était simplement différente de celle des autres ?
Cette conversation m'avait fait sourire, parce que nos expériences étaient presque opposées. Et pourtant, nous étions toutes les deux Projecteurs.
Une nouvelle illustration, pour moi, qu'une étiquette ne suffit jamais à résumer une personne. Chaque schéma apporte ses nuances.
Et surtout : chaque personne reste la mieux placée pour observer SA propre expérience.
Le vrai sujet : apprendre à s'écouter
Au fond, cet article ne parle pas uniquement d'alimentation.
Il parle de quelque chose de beaucoup plus vaste.
À quel moment avons-nous appris à ne plus nous écouter ?
À quel moment avons-nous commencé à croire que les autres savaient forcément mieux que nous ce qui était bon pour nous ?
Et combien de fois continuons-nous, adultes, à faire quelque chose alors qu'une partie de nous dit « Non » ?
Pour faire plaisir. Pour être acceptée. Pour ne pas déranger. Pour faire "comme il faut."
Le rapport à l'alimentation n'est peut-être qu'un des premiers endroits où cela peut se jouer. Puis ce réflexe peut parfois apparaître ailleurs :
Dans nos relations.
Notre travail.
Nos choix.
Notre manière d'utiliser notre temps et notre énergie.
C'est pour cela que la question du conditionnement me semble si intéressante.
Respecter l'unicité, dès l'enfance
En tant qu'adultes, nous ne pourrons jamais éviter totalement d'influencer les enfants qui grandissent à nos côtés. Et ce n'est pas l'objectif.
Nous transmettons. Nous posons des limites. Nous créons un cadre. Nous faisons de notre mieux avec ce que nous savons et avec ce que nous sommes.
Mais nous pouvons peut-être apprendre à nous demander, de temps en temps :
Est-ce que j'accompagne cet enfant ?
Ou
Est-ce que j'essaie de le faire entrer dans une manière de fonctionner qui me semble normale parce qu'elle est la mienne ?
Le Design Humain pour les enfants peut devenir une grille de lecture intéressante pour explorer ces différences. Pas pour décider à la place de l'enfant. Pas pour lui imposer une nouvelle manière de vivre.
Mais pour apprendre à observer. À écouter. Et à laisser davantage de place à ce qui semble naturellement lui appartenir.
Et si l'on commençait par s'observer nous-mêmes ?
Je crois que c'est peut-être la partie la plus inconfortable de cette réflexion. 😄
Parce qu'avant de vouloir aider un enfant à être lui-même, nous pouvons aussi regarder notre propre histoire.
Ce que nous avons appris.
Ce que nous continuons à faire automatiquement.
Les « il faut » qui dirigent encore nos journées.
Et toutes les fois où nous ne nous écoutons pas vraiment.
Le déconditionnement, pour moi, est loin d'être terminé. C'est même un sacré chantier. Mais plus j'avance, plus j'apprécie cette question :
Est-ce que je fais cela parce que cela me convient réellement… ou parce que j'ai appris que c'était comme ça qu'il fallait faire ?
Et peut-être que commencer à se poser cette question est déjà une manière de laisser un peu plus de place à sa propre nature. ✨
Si tu souhaites explorer ton propre fonctionnement, ton rapport à certaines habitudes ou encore mieux comprendre les différences entre toi et ton enfant, le Human Design peut être une porte d'entrée parmi d'autres.
Tu peux également découvrir mon article consacré au Design Humain pour les enfants, pour explorer plus largement la manière dont cette approche peut aider les parents à observer et accompagner l'unicité de leur enfant.




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